ÉCHO DE BARBENTANE

de 1926 à 1938

Après la publication des Echo de Barbentane de 1905 à 1919, voici maintenant la deuxième série de ce journal paroissial qui couvre la période 1926 à 1938.

C'est le curé Joseph Sabatier, homme à la plume facile, qui relance ce bulletin sept ans après la Grande Guerre. Comme ils ne sont pas numérotés, je n'ai pas réussi à retrouver le premier numéro. Est-ce celui d'avril ou bien un encore plus ancien ? Je n'en sais rien. C'est dommage, car sûrement, ce premier numéro doit donner une explication sur cette relance. Espérons que dans le recoin d'un tiroir, ou bien dans un grenier, quelqu'un puisse le retrouve et nous le fasse passer, lui et les quelques numéros qui nous font défaut.

Les temps ne sont pas faciles, la Grande Guerre est encore bien présente dans les esprits et dans la chair des rescapés ainsi que dans les familles. Le papier doit être cher, l'Echo est tiré sur du papier fin, pas de bonne qualité, en général ils sont d'ailleurs en plus mauvais état que ceux d'avant. S'ils sont plus œcuméniques que les précédents, c'est quand même un bulletin paroissial qui s'adresse aux familles chrétiennes. Les juifs et les protestants y sont moins vilipendés. Mais tous les libres penseurs, les laïques, les francs-maçons sont obligatoirement des incultes, des moins que rien et sûr, eux, n'iront pas finir leur vie dans le royaume des cieux.

Malgré quelques tentatives, le courrier des soldats ne reprendra pas. L'époque a changé, toutes les familles sont encore en deuil de la guerre précédente. Alors, à part une poignée de va-t-en guerre, dont l'Église officielle, les Français sont devenus pacifistes dans leur grande majorité. D'ailleurs au fil des années les conscrits, pourtant toujours incorporés, ne sont plus cités. Il nous reste quand même les baptêmes, les mariages religieux et les obsèques chrétiennes. Quelques baptisés de cette époque sont toujours avec nous, ce qui donne un vent de fraîcheur à des listes de noms qui ne nous disent parfois plus rien.

Il y a une constance qui relie tous les Echo de cette deuxième génération, ce sont les listes nominatives des participations aux différentes quêtes qui vont se dérouler pendant ces douze années. Les premières sont faites pour améliorer l'église avec le changement des grands vitraux du Sacré-Cœur, puis ce sera pour le chemin de croix, celui que nous connaissons et qui est toujours en place dans l'église. Après, c'est pour une action plus laïque, mais ô combien indispensable, puisque c'est la création d'une Œuvre contre la tuberculose, le fléau de l'époque. Et, enfin, c'est la quête la plus importante, plus de 175 500 frs en 1936 pour la construction des écoles des garçons au Deyme. Pas un mois sans une liste nominative où les sommes récoltées sont scrupuleusement notées. Les premiers de chaque classe des écoles dites libres (confessionnelles), tant filles que garçons, sont aussi cités. Je ne sais pas si l'émulation était efficace, mais au moins tout Barbentane savait qui 'marchait' bien à l'école. A ce sujet, la maternelle, qui était à l'ancien cloître de l'Observance, se disait toujours l'Asile. Terme qui veut surtout dire un lieu protégé où les 'pensionnaires' sont à l'abri. N’oublions pas, qu’à l’époque l’obligation scolaire était de 12 ans pour les filles et de 14 ans pour les garçons. Cette différenciation sexuelle est notable dans les statistiques quand elles apparaissent. Ce n'est qu'en 1936 que l'école devient obligatoire pour tous jusqu'à 14 ans. Sans oublier que selon l'intensité des travaux des champs, de nombreux parents gardent volontairement leurs enfants à la maison pour les aider.

Fermement royaliste à sa reprise, l'Echo s'adoucit quelque peu après ses démêlés avec l'Action Française. Il se désespère quand même lors de l'adhésion de la masse des Français pour le Front populaire. Toutefois, mais du bout des lèvres, il est bien obligé d'admettre que les revendications sociales des travailleurs sont légitimes. C'est quand même un sacré chemin parcouru pour arriver à cette sensibilisation sociale.

Hélas, ces nouveaux Echo relatent moins du village que ceux de la première époque. Ne sont notées que les fêtes religieuses. La Saint-Jean est toujours présente avec ses vêpres et son feu d'artifice sur la place du Trou du Renard, mais la Vote n'apparaît jamais. Par contre les kermesses tiennent une grande place. Il faut dire aussi qu'elles étaient très festives avec de nombreuses représentations théâtrales et un gros lot qui faisait envie. C'est d'ailleurs le 3 juillet 1938, à la kermesse du Deyme, que la Carreto Ramado, abandonnée depuis longtemps, fait son grand retour avec 25 chevaux qui devaient être plutôt des mulets. Le Pastrage à Noël n'a jamais cessé, ainsi que les nombreuses processions religieuses. A noter quand même que, souvent, elles démarrent du monument aux morts, le nouveau lieu de rassemblement pour les grandes occasions et pas que commémoratives.

Une mini-révolution barbentanaise se déroule en mars 1927 quand l'Église interdit de sacrements les adhérents, très nombreux au village, de l'Action Française. Le curé de l'époque, François Fabre, qui est un légaliste, applique alors à la lettre les recommandations papales et refuse d'enterrer religieusement un militant de cette obédience. Le jeudi 24 janvier 1929 c'est le drame. Les membres de l'Action Française occupent alors pacifiquement l'église et exécutent un simulacre de messe. 'Souillée', l'église est alors fermée pendant plusieurs jours. Plus tard, en 1933, ce même curé refuse de donner la communion au régisseur du château du marquis. Les familles de Barbentane et de Granrut somment alors les écoles de garçons logées gratuitement à l'ancien moulin à vent situé en Canade de déguerpir pour aller se faire voir ailleurs. C'est la raison pour laquelle elles vont s'installer à proximité de l'école des filles au Deyme, sur un terrain appartenant aux familles de Waresquiel et Winandy. C'est l'entreprise de M. Joseph Louis qui, après avoir construit la poste, va réaliser l'école des garçons et la salle Montalembert en guère plus d'un an et demi, un exploit pour l'époque. C'est donc bien les paroissiens de Barbentane qui ont payé de leur poche, les vitraux du chœur de l'église et cette école, et personne d'autre. Dans un autre registre, on assiste à la création du scoutisme au village, puis à sa disparition, remplacé par les Cœurs Vaillants. C'est aussi la création de l'Etoile Sportive Barbentanaise dont les résultats dominicaux sont scrupuleusement notés chaque mois. Au détour des nouvelles du monde, on trouve parfois des évènements assez importants pour paraître dans ce journal paroissial, comme les exploits de l'aviatrice étasunienne Amelia Earhart. Mais aussi des drames comme l'explosion de la poudrerie de Saint-Chamas ou la tragique et ruineuse inondation du Rhône en 1935 au village.

Au début, il y a toujours au moins un article en langue provençale. Puis au fil du temps, il disparaît, le curé Fabre ne devait pas être un "provençaliste" dans l'âme. Il n'empêche, pour la dernière kermesse relatée, les habits de provençales ressortent des commodes, au grand plaisir de tout le monde.

Hélas, cette série d'Echo s'arrête quand on parle de la création du musée de la farandole à Barbentane. C'est dommage, cela aurait pu nous faire découvrir encore plein de choses. Mais cette histoire-là mérite d'être contée à part. Elle fera l'objet d'une autre publication.

Avant de clore cette étude, je tiens à remercier toutes celles et ceux qui m'ont donné ces Echo, celles et ceux qui m'en ont prêté pour compléter ma collection, un grand merci à mes correctrices que je sollicite trop souvent. Sans oublier un vibrant hommage à ceux et celles qui ont pris la peine de les écrire et de les faire éditer. Sans eux pas de mémoire, ou si peu.

Pour moi, l'histoire de Barbentane est un puits sans fond, il y a toujours quelques nouveautés à découvrir. Par ce site ce n'est qu'un épisode relativement court, mais assez méconnu, que je mets à votre disposition.

Guy

Si vous avez des questions ou si vous constatez des erreurs,

vous pouvez toujours m'écrire guy.fluchere@free.fr et je ferai le nécessaire

ou alors à cette adresse : bne.lagramillere@free.fr

Barbentane, le plus beau village de l'Univers

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